Une image de stock d’une femme qui sourit devant un ordinateur portable. Une photo de bureau avec un café et un carnet. Un fond de forêt floue pour illustrer “la sérénité”. Ces images sont partout sur les sites vitrine. Elles ne disent rien sur vous, elles ralentissent votre site, et elles polluent la lecture de vos visiteurs.
Les images méritent les mêmes décisions que le reste du contenu : pourquoi cette image, à cet endroit, pour qui ?
Ce que les images de stock ne font pas
Une image de stock représente une situation générique. Elle peut être techniquement correcte, bien cadrée, agréable à regarder. Elle ne montre pas votre espace de travail, vos outils, vos réalisations, votre façon de travailler.
Un électricien dont le site montre des photos de ses chantiers réels communique quelque chose de précis : il travaille sur ce type d’installation, dans ce contexte, avec ce niveau de finition. Un électricien dont le site utilise des photos de stock d’un tableau électrique générique ne dit rien de particulier sur lui.
La différence ne tient pas à la qualité technique des images. Elle tient à ce qu’elles montrent. Une photo prise avec un smartphone qui montre votre vrai travail est plus utile qu’une image de stock parfaitement éclairée qui montre le travail de quelqu’un d’autre.
Ce que les images mal optimisées coûtent
Une image non optimisée chargée en pleine résolution peut peser plusieurs mégaoctets. Sur une page qui en contient quatre ou cinq, le poids total dépasse rapidement ce qu’une connexion mobile peut charger confortablement.
Le coût est double.
Pour le visiteur : une page lente, des images qui apparaissent par fragments, une expérience dégradée sur mobile ou sur connexion lente.
Pour l’environnement : des données transférées inutilement à chaque visite, sur des millions de pages vues cumulées.
Quelques décisions qui changent le bilan : utiliser le format WebP plutôt que JPEG ou PNG, dimensionner les images à leur taille d’affichage réelle plutôt qu’en pleine résolution, renseigner les attributs width et height pour éviter le saut de mise en page pendant le chargement. Sur WordPress, le composant natif de gestion des images gère une partie de cette optimisation automatiquement si le thème est bien construit.
Ce que les images sans attribut alt excluent
Un utilisateur qui navigue avec un lecteur d’écran n’a pas accès au contenu visuel. Le lecteur d’écran lit le texte de la page et annonce les images en utilisant leur attribut alt. Sans alt, certains lecteurs d’écran lisent le nom du fichier image à la place : “IMG_20240312_143022.jpg” ne dit rien à personne.
L’attribut alt doit décrire ce que l’image montre, pas ce qu’elle représente symboliquement. Une photo de votre atelier de menuiserie : “Atelier de menuiserie avec établi et outils rangés au mur”. Pas “passion du bois” ni “artisanat de qualité”.
La description doit être utile à quelqu’un qui ne voit pas l’image. Elle doit dire ce qui est visible, pas ce que vous voulez que l’image évoque.
Le cas particulier des images décoratives
Une image purement décorative, qui n’apporte aucune information, ne doit pas être annoncée par un lecteur d’écran. La solution n’est pas de la laisser sans alt : c’est d’indiquer explicitement qu’elle est décorative avec alt="" et aria-hidden="true".
Mais la vraie question est en amont : est-ce que cette image est nécessaire ?
Un site vitrine qui contient dix images de stock décoratives oblige les utilisateurs de lecteurs d’écran à naviguer dans un flux interrompu en permanence, même si chaque image est correctement traitée. L’accumulation d’images décoratives dégrade la lisibilité globale de la page, pas seulement pour les utilisateurs de technologies d’assistance : elle crée du bruit visuel pour tout le monde et alourdit le chargement sans contrepartie.
La sobriété s’applique aux images comme au reste. Une image qui n’apporte rien peut partir.
Ce qui reste
Trois questions à poser avant d’ajouter une image à une page :
Cette image montre-t-elle quelque chose que le texte ne peut pas dire ? Si la réponse est non, l’image est probablement décorative. Si elle est vraiment décorative et ne renforce pas le contenu, elle peut être supprimée.
Cette image est-elle optimisée pour le web ? Format WebP, dimensions correctes, attributs width et height renseignés.
L’attribut alt décrit-il ce qui est visible ? Pas ce que l’image évoque, pas le nom du fichier : ce qu’un utilisateur qui ne la voit pas doit savoir pour comprendre la page.
Les images sont souvent ajoutées rapidement, pour “habiller” une page ou remplir un espace vide. Elles méritent la même attention que les autres décisions de conception. Moins d’images, mieux choisies, correctement optimisées et décrites : c’est un site plus rapide, plus lisible, plus accessible.
Si vous voulez revoir la gestion des images de votre site, contactez-moi.