Les 5 questions à se poser avant de créer son site WordPress

La plupart des projets de site démarrent dans le mauvais sens. On commence par explorer des galeries de thèmes, lister des fonctionnalités qu’on “aimerait avoir”, comparer des constructeurs de page. On ne s’est pas encore demandé ce que le site doit résoudre.

Cette approche a un coût : refontes prématurées, fonctionnalités superflues qui alourdissent les pages, architectures inadaptées qui compliquent les mises à jour. Parfois, un site entièrement refait deux ans après sa création parce que les bases n’étaient pas posées.

Ces cinq questions forment le vrai cahier des charges d’un projet web. Pas une liste de fonctionnalités souhaitables : une compréhension claire des enjeux à résoudre.

1. Quel problème concret votre site doit-il résoudre ?

Un site n’est pas une carte de visite numérique obligatoire. C’est un outil qui doit résoudre un problème précis dans votre activité.

Ce problème peut être un manque de crédibilité : vos prospects peinent à évaluer votre expertise avant de vous contacter. Une perte de temps : vous répondez aux mêmes questions de base à chaque premier échange. Un problème de positionnement : votre différence par rapport à la concurrence n’apparaît pas clairement.

Prenons un exemple. Un électricien indépendant passe 30 minutes au téléphone avec chaque prospect pour expliquer ses zones d’intervention, ses tarifs de déplacement, et pourquoi il ne fait pas d’installation en appartement. Son site actuel n’aborde aucun de ces points. Le problème à résoudre n’est pas “avoir un meilleur site” : c’est réduire ce temps de qualification à 10 minutes en informant les visiteurs en amont.

Ce problème définit l’architecture du site bien mieux qu’une liste de pages souhaitées.

2. Comment vos visiteurs arriveront-ils sur votre site, et dans quel état d’esprit ?

Un visiteur recommandé par un client satisfait arrive avec une prédisposition favorable. Il cherche à confirmer son choix : il veut voir des exemples concrets, comprendre comment vous travaillez, trouver un moyen de vous contacter rapidement. Il n’a pas besoin d’être convaincu.

Un visiteur qui vous a trouvé via une recherche Google compare plusieurs options. Il a 30 secondes pour comprendre si vous correspondez à ce qu’il cherche. Si la page d’accueil part de vos compétences plutôt que de son problème, il repart.

Ces deux parcours appellent des choix de conception différents. Le premier justifie une page de présentation détaillée avec des réalisations. Le second demande une accroche directe qui parle du problème du visiteur dès les premières lignes.

Reprenons l’électricien. La majorité de ses visiteurs arrivent via une recherche locale (“électricien [ville]”). Ils comparent trois ou quatre artisans en même temps. Ce qui les fait rester : une zone d’intervention clairement affichée, un délai d’intervention approximatif, et des avis clients visibles. Pas une présentation de l’entreprise sur l’historique familial de l’artisan.

3. Quelles ressources pouvez-vous réalistement consacrer à ce projet ?

Un site WordPress demande un investissement continu après la livraison. Mises à jour de sécurité, ajout de contenus, corrections mineures. Si ces ressources ne sont pas disponibles, la question n’est pas “quel site créer” mais “quel type de site est tenable pour vous”.

Trois ressources à évaluer honnêtement avant de démarrer.

Le temps : combien d’heures par mois pouvez-vous consacrer à votre site ? Deux heures, c’est suffisant pour des mises à jour et un article de blog occasionnel. Zéro heure, c’est un site qui se dégrade seul.

Les compétences techniques : vous pouvez modifier vos textes et ajouter une photo sans aide extérieure ? C’est le minimum pour rester autonome. Si la moindre modification nécessite d’appeler un prestataire, intégrez ce coût dans votre budget de fonctionnement.

Le budget annuel : l’hébergement, le nom de domaine, la maintenance, les éventuels plugins payants. Un site WordPress sobre tourne autour de 150 à 300 € par an hors prestations.

L’électricien dispose de 2 heures par semaine et veut gérer son contenu seul. Cette contrainte oriente directement les choix techniques : WordPress FSE avec un thème léger, pas de constructeur de page, une interface d’administration qu’il peut utiliser sans formation spécifique.

4. Comment ce site s’intègre-t-il dans le reste de votre activité ?

Votre site ne fonctionne pas seul. Il s’inscrit dans un ensemble : vos devis et factures, vos cartes de visite, vos échanges par email, vos profils sur les annuaires professionnels.

Les incohérences entre ces supports se remarquent. Un site qui utilise des couleurs différentes de vos documents commerciaux. Un ton institutionnel sur le site alors que vous êtes chaleureux en rendez-vous. Une présentation de vos services qui ne correspond pas à votre plaquette.

Ces décalages fragilisent la confiance. Un prospect qui passe du site à un devis, puis à une première rencontre, doit avoir l’impression de rencontrer la même entreprise à chaque étape.

L’électricien a fait créer ses cartes de visite par un graphiste local, avec une charte sobre en bleu et gris. Son site actuel utilise un thème rouge et noir choisi par défaut. Résultat : un client qui a conservé sa carte de visite et visite ensuite le site ne reconnaît pas immédiatement la même entreprise. Le site doit reprendre la charte existante, pas en imposer une nouvelle.

5. Quels principes guideront vos choix techniques ?

La création d’un site génère des dizaines de micro-décisions : choix du thème, sélection des extensions, organisation de la navigation, rédaction des contenus. Sans cadre de référence, ces décisions se prennent au fil de l’eau, sous l’influence des dernières tendances ou des suggestions du prestataire du moment.

Le résultat est un site techniquement fonctionnel mais conceptuellement incohérent.

Quelques arbitrages à trancher avant de démarrer :

Performance ou richesse fonctionnelle : un site rapide sur mobile avec peu de fonctionnalités, ou un site plus complet qui se charge en 6 secondes sur 4G ?

Autonomie ou sophistication : des outils simples que vous maîtrisez entièrement, ou des outils puissants qui nécessitent un prestataire pour chaque modification ?

Pérennité ou innovation : des solutions éprouvées et stables, ou des technologies récentes qui peuvent devenir obsolètes dans trois ans ?

L’électricien tranche rapidement : performance et autonomie avant tout. Ses clients consultent sur mobile depuis un chantier. Il veut modifier ses tarifs lui-même sans appeler personne. Ces deux principes éliminent d’emblée les constructeurs de page lourds et les thèmes avec des animations complexes. Le périmètre technique se dessine sans avoir encore ouvert WordPress.

Ces cinq questions appliquées à un site de thérapeute

Reprenons chaque question dans le contexte d’un praticien bien-être.

Le problème à résoudre est presque toujours le même : être trouvé par des patients potentiels dans sa zone géographique, et les convaincre de prendre rendez-vous plutôt que d’appeler le praticien suivant sur la liste. La réponse technique, SEO local intégré dès la structure, pages de services rédigées pour les requêtes locales, découle directement de cette formulation.

L’état d’esprit du visiteur : quelqu’un qui cherche “sophrologue Rennes” compare trois ou quatre praticiens en même temps. Ce qui le fait rester sur un site, c’est une spécialité clairement nommée, une localisation visible, et suffisamment d’éléments de confiance (formation, approche, témoignages) pour déclencher le contact. Pas une page d’accueil générique sur les bienfaits du bien-être.

Les ressources disponibles varient selon les profils. Un praticien qui exerce seul et qui consulte six jours sur sept n’a souvent pas le temps de gérer son site. C’est l’un des critères qui oriente vers Astro statique plutôt que WordPress : aucune interface à maintenir, zéro mise à jour à traiter.

L’intégration dans l’activité : votre site doit refléter la même chose que votre carte de visite, votre fiche Google Business et ce que vous dites en première séance. Un praticien qui se présente comme “thérapeute holistique spécialisé en accompagnement des transitions de vie” sur son site mais “sophrologue” sur sa fiche Google envoie des signaux contradictoires à ses visiteurs comme à Google.

Les principes techniques : pour un thérapeute, la réponse est presque systématiquement performance et simplicité. Un patient qui consulte depuis son téléphone entre deux rendez-vous n’attend pas un site qui met quatre secondes à charger.

Voir comment ces choix se traduisent concrètement pour les thérapeutes

Ces cinq questions appliquées à une TPE ou un indépendant

Le problème à résoudre est souvent plus précis qu’il n’y paraît. Un électricien qui perd trente minutes par prospect à expliquer ses zones d’intervention au téléphone a un problème de qualification, pas un problème de visibilité. Son site doit répondre à cette question avant d’en aborder d’autres.

L’état d’esprit du visiteur change selon le canal d’acquisition. Un client recommandé par un confrère arrive avec une prédisposition favorable et cherche à confirmer. Un visiteur qui arrive via une recherche Google compare trois devis simultanément. Ces deux parcours appellent des pages d’accueil différentes, et parfois des sites différents.

Les ressources disponibles sont souvent sous-estimées. Un artisan qui travaille six jours sur sept n’a pas deux heures par semaine pour gérer son site. Cette contrainte oriente directement les choix techniques : moins de plugins, interface simplifiée, ou délégation complète de la gestion selon les projets.

Voir comment ces choix se traduisent concrètement pour les TPE et indépendants


Ces cinq questions prennent du temps. Moins que de refaire un site deux ans après sa création parce que les bases n’étaient pas posées.

Si vous préparez un projet de site et souhaitez un regard extérieur sur vos réponses, écrivez-moi.

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